La première image, au sens propre comme au sens figuré, qui vient à l’esprit quand on pense à l’île des Pins, ressemble à une plage paradisiaque. Et vous avez raison ! Mais saviez-vous que cette île est aussi riche d’un passé historique poignant ?

Des vestiges de l’Histoire

L’île recèle tout d’abord de nombreux vestiges archéologiques : pétroglyphes sur le Pic N’Ga, poteries Lapita, mystérieux tumulus dans la plaine centrale. Les Kuniés (nom aussi donné à l’île par ses habitants) y ont régné en maîtres jusqu’au XVIIIème siècle. L’île a ensuite vu se succéder de puissants chefs, issus de la même dynastie, qui ont accueilli au fur et à mesure de l’Histoire les premiers missionnaires européens.

C’est sous le règne de Samuel et Kanendjo, fille de Kaoua Vandégou II et plus connue sous le nom de Reine Hortense, que l’île connue sa transformation majeure : partition et aménagement d’une colonie pénitentiaire dans la région sud-ouest par les autorités françaises. C’est ainsi que 3000 communards de Paris et des berbères algériens condamnés après l’insurrection kabyle s’y sont succédés de 1872 à 1880. En 1873, on comptait 2560 déportés à Kunié : déportés simples mais aussi lettrés et artistes. La colonie fut divisée en 5 « communes » : Ouro, Koéville, Ouamen, Ouaméo et la « Cinquième » (camp des Arabes). Ces noms restés depuis désignent des parties de l’île. Le site a été utilisé jusqu’en 1909. Les terrains de l’administration pénitentiaire furent remis l’année suivante aux tribus locales à l’exception de 275 ha constitués en réserve autochtone. De ce passé très dur, il ne reste actuellement que des ruines dans lesquelles la nature a repris ses droits.

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Différents endroits sont à visiter

La plage de Kuto était facile à défendre. Elle fut donc choisie pour abriter l’administration pénitentiaire. En face du wharf, qui accueille le Betico 2 derrière l’ancien rempart, subsistent quelques bâtiments de la déportation que vous pouvez apercevoir en longeant le terrain devenu privé.

Remontez ensuite le long de la baie de Kuto et suivez la route principale RM1 pour vous rendre à la boulangerie de l’île (aussi alimentation). Vous arrivez sur un lieu appelé Mo. Face à elle, le long de la route, se dresse les vestiges des anciens bâtiments qui ont accueilli les déportés. Vous pouvez visiter l’enceinte et vous rendre à l’intérieur de chaque bâtiment sans crainte. Le lieu est libre d’accès mais simplement non entretenu. A force de visiteurs, quelques petits chemins se sont formés pour rejoindre les différents bâtiments. Plus surprenant, le lieu peut aussi accueillir le bétail de certains habitants de l’île. Ouvrez l’oeil, un boeuf attaché à son poteau peut donc se balader au milieu de ces vestiges très poignants !

Vous pouvez ensuite vous rendre au château d’eau qui date de la même époque et qui est toujours en service. Avancez jusqu’au bout du chemin en terre juste en face de la boulangerie, sur lequel un panneau « vestiges du bagne » est implanté. Le bâtiment intact se situe au bout du sentier. Il vous est possible de visiter un dernier lieu situé derrière la boulangerie. Vous ne pourrez y accéder qu’en demandant l’autorisation au magasin. Ce terrain privé accueille en effet d’autres vestiges de la prison, des cellules et l’emplacement de l’anneau auquel étaient suspendus les hamacs.

En remontant vers le Nord de l’île, vous traverserez les lieux nommé Ouro et Koéville. D’autres vestiges longent la route. Vous trouverez également en chemin sur votre droite, un panneau indiquant le Cimetière des Déportés.

Informations pratiques

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Les vestiges du bagne de l’île des Pins
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